« Bien vivre à Saint-Denis | Page d'accueil | Quelques recettes sympas »
01.07.2007
Les jeunes et les marques
Le temps de vivre ou l’argent de son temps, un vrai dilemme !
J’ouvre une parenthèse sur ce sujet parce qu'une personne en activité, m’a fait part de ses souhaits de faire un peu d’humanitaire, en même temps, son désir se trouve contrarié par un sentiment de frustration terrible et permanente à cause de son impossibilité à trouver le temps suffisant disponible pour mettre en application son projet caritatif. En effet, elle, comme beaucoup de ces jeunes aujourd’hui se voient contraints de cumuler plusieurs jobs pour tenter de concrétiser leurs rêves les plus élémentaires . Certes, acheter une maison ou un appartement, se payer des vacances confortables à l’étranger ou simplement offrir à ses enfants quelques activités culturelles ou sportives sont depuis toujours pour certains affaire de sacrifice incontournable. Une différence demeure toutefois entre éducation d’hier et d’aujourd’hui, disons que la plupart de ces jeunes ne sont pas vraiment préparés à la pratique de la maîtrise de soi en matière de dépense. Si leurs parents hier pouvaient se contenter de 2 ou 3 paires de chaussures et quelques vêtements pour toute une année. Aujourd’hui, ère de consommation oblige, il faut pratiquement changer sa garde robe chaque mois si on ne veut pas faire partie du clan des ringards. Si dans le passé, avoir un vêtement ou des chaussures de marque était un luxe, aujourd’hui c’est primordial pour ne pas dire quasi indispensable. L’usage d’objets marqués est pratiquement devenu emblématique. Le prétexte de la qualité sert d'alibi facile puisque l'on change aussi souvent ses affaires qu'auparavant. En vérité, il est désormais plus souvent lié à un phénomène de tendance plus qu’à celui d’endurance. Aujourd’hui, qu’importe le prix et la manière de parvenir à se procurer un objet de marque pour être à la page. Certaines personnes vont même jusqu’à penser que porter un objet de marque les rend plus jeunes et plus attirants. Il est très rare que l’on associe objet de marque à qualité ou position sociale de nos jours. C’est peut-être d’ailleurs dans les foyers les plus pauvres de France où l’on rencontre le plus cette affection à l’étalage des objets marqués. On peut tout à fait aujourd’hui, être sans le sou et arborer sans complexe ses objets de marque face à une assistante sociale ou à ses créanciers impayés. A l’heure de la paye d’ailleurs, avant même de régler son loyer, sa consommation en électricité ou en téléphone, voire même ravitailler son réfrigérateur en victuailles, on pense plus souvent à faire le tour des boutiques branchées des quartiers chics pour se procurer les dernières étiquettes des bandes annonces en vogue. Alors aujourd’hui pour beaucoup de ces jeunes, être pauvre, c’est surtout, ne pas avoir les moyens de se payer les vêtements de marques que l’on désire ! Il ne suffit plus de pouvoir s’habiller ou se nourrir selon ses moyens, d’ailleurs la question culinaire est vite réglée. Moins se nourrir comporte deux avantages pour ces accrocs à l’étiquette : c’est d’abord un bon procédé pour rester mince et en même temps une bonne façon de faire des économies pour « les choses dites essentielles » : une autre notion de la priorité ! Il faut bien dire qu’il est évidemment plus facile d’acheter une paire de baskets à 300 euros, qu’une bonne voiture à 20 000 euros ou encore, une confortable bâtisse à plus de 100 000 euros n’est-ce pas ? Qu’importe ! Simple question de vision, pas vraiment de milieu ou de pouvoir d’achat. De toute façon les banques de crédit sont là pour multiplier les facilités de paiement, ça rapporte et en plus les risques sont minimes. Une seule exigence pour ces « bienfaiteurs calculateurs », justifier d’un hypothétique contrat de travail même mal rémunéré et d’une signature de l’emprunteur pour la souscription d’une assurance de couverture dès l’ouverture du dossier de crédit. Cette assurance est systématiquement imputée sur chaque mensualité prélevée directement sur le compte du débiteur, jamais remboursée dans les cas de bon paiement. La pression exercée sur ce dernier est là pour favoriser un tel aboutissement croyez-moi ! Alors comment imaginer ces jeunes conditionnés à l’image éphémère ne pas tomber dans les multiples pièges de la consommation à outrance sans jamais pouvoir se payer une bonne voiture ou l’appartement de leurs rêves. En plus, l’évolution de carrière n’existe plus alors, la seule solution qu’il reste pour imaginer améliorer plus sérieusement un patrimoine réel, c’est le travail à doses démesurées. Oui, j'oubliais, le budget santé lui, ne doit en pâtir... Il est votre seul garant pour maintenir un tel rythme acharné et surtout préserver votre moral. Allez... Bon courage et bonne semaine.
Alex LONY
05:35 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Les jeunes, et, les marques
Commentaires
Pas facile d'être jeune aujourd'hui. J'en suis bien convaincu, et souvent sans vrai réponse aux questions que me posent des ados peu considérés par leurs aînés et qui voient l'avenir en gris terne. Métiers peu valorisant, salaire minimum, boulot alimentaire, pas d'espoir d'acheter le moindre studio de leur vie, même pas assez pour se payer une voiture. Et cela avec des bac plus 2 ou 3 !
Ce qui était vrai il y a 30 ans ou même 20 ne l'est plus. Et pas question d'espérer vivre en Asie ou en Afrique, là bas, personne ne t'attend !!
Quand les parents aident, c'est un sentiment de honte de n'être pas capable de se débrouiller seuls à 20, 25 ou 30 ans.
Et pourtant, ces jeunes, ils sont ( ou étaient, car pour certains, c'est bien tard) aussi capables que leurs aînés de faire de grandes et belles choses.
L'humanitaire est un bénévolat qui ne nourrit pas la famille de ceux qui aident. Le seul petit débouché que je vois réside dans les aides à la personne.
Non, je n'ai pas de bonnes réponses à ce désarroi et cela me navre.
Le grillon
Ecrit par : christian | 01.07.2007
Dans notre famille on est plutôt contre les marques où alors on attend les soldes : je préfère apprendre à ma petite fille de 11 ans à customiser ses vêtements pour se différencier des autres plutôt que de rester comme tout le monde surtout qu'elle est rousse et qu'il a fallut lui faire assumer cette différence (les enfants sont mordants entre eux) pour l'instant ... ça marche !
Amitiés
Martine
__________________________________________
Bonjour Martine,
Très bonne moralité que tu dispenses à ta petite fille en ce moment. Cela ne pourra que lui être bénéfique pour l'avenir. Effectivement ne connaissant pas l'avenir qui est réservé à ses enfants et petits enfants, il est préférable de leur inculquer la modestie et cultiver en eux leur potentiel naturel créatif. Pour parler du respect de la différence tu me dis:"les enfants sont mordant entre eux". Moi, j'aurais plutôt tendance à penser que les enfants sont surtout les très fragiles victimes de l'influence négative de leurs aînés.
Merci en tout cas pour ta visite.
Amitiés
Alex
Ecrit par : maminette | 17.08.2007



